Face aux défis conjugués du réchauffement climatique et de la demande croissante de nombreux secteurs pour des matériaux plus respectueux de l’environnement, la nécessité d’avancer à l’échelle des territoires dans une gestion plus durable des forêts françaises s’impose progressivement. On va faire le point ici !
En réponse à la crise climatique, de plus en plus de secteurs, notamment la construction, se tournent vers des matériaux naturels et renouvelables. En particulier en faveur du bois d’origine française, car il permet des cycles courts et la valorisation des ressources nationales
Un patrimoine forestier fragilisé
Aujourd’hui, les forêts couvrent près d’un tiers du territoire national. Cependant, ce patrimoine écologique inestimable reste fragile et menacé par divers facteurs. Premièrement, le changement climatique qui met à mal la santé des forêts, augmentant les risques d’incendies ou de propagation de maladies et de parasites et fragilisant certaines espèces. L’un des principaux enjeux est donc de respecter l’équilibre entre exploitation et conservation, afin de répondre à la demande croissante de bois sur le marché. C’est un défi auquel est confrontée toute la filière bois française. Tant dans sa composante « aval » (fabrication de produits finis tels que meubles, matériaux de construction, papier), que dans sa partie « amont » (gestion et exploitation forestière).
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important différences territoriales
La géographie très hétérogène du territoire national crée une variété de types forestiers, de reliefs, de différences climatiques, mais aussi de traditions forestières propres à chaque région de France. La France en 16 grands territoires, dont les contours s’inspirent des régions écologiques françaises plutôt que de l’aire administrative nationale et dont le critère principal repose sur l’homogénéité de la composition des essences forestières. Cette division met en lumière les différences régionales en matière de gestion forestière. Il permet entre autres d’analyser les options de gestion selon les critères recommandés par les deux principales organisations internationales de certification forestière, FSC et PEFC. Bien que leurs approches diffèrent, ces organisations recommandent des pratiques de gestion forestière pour préserver la valeur écologique des zones forestières et leur résilience aux changements climatiques et au dialogue avec la société forestière. Ainsi, la diversité des espèces, la maturité des forêts ou encore les différences d’âge des arbres d’une forêt sont des facteurs clés pour renforcer cette résilience.
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Modèles de gestion forestière diversifiés
Certaines régions ont historiquement opté pour la méthode dite régulière de futaie. On constate ainsi dans certaines régions une présence importante de monocultures d’espèces essentiellement résineuses, privilégiées par le secteur de la construction, car moins chères et plus faciles à travailler. Par exemple, le pin maritime des Landes ou le douglas du Morvan. D’autres ont préservé une grande proportion de forêts, comprenant au moins trois espèces dominantes, avec une proportion importante de forêts mixtes de conifères et de feuillus. Dans ces zones, la forêt sœur de la forêt ancienne se développe de manière irrégulière, cette structure plus proche de la nature permet une meilleure conservation de la biodiversité et des sols, très utiles au stockage du carbone. Tout cela en prenant soin des paysages. Encore minoritaire en France, cette méthode forestière va se développer pour répondre aux enjeux actuels de la forêt française et aux attentes du marché qui souhaite une gestion plus responsable des ressources.
Adaptabilité, innovation, résilience, circularité, promotion des métiers, modernisation des scieries, valorisation des feuillus français… Autant de défis auxquels toute la filière bois devra répondre pour s’adapter aux risques inhérents au climat. crise.
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Quelques chiffres :
- Plus de 17 millions d’hectares de forêts, dont 75% de forêts privées.
- 31% du territoire est couvert de forêts.
- 440 000 emplois dans l’industrie du bois, des scieries aux transformateurs.
saviez-vous
Il existe aujourd’hui une douzaine de marques ou labels régionaux qui visent à promouvoir les filières bois locales et à valoriser le bois récolté. Ils intègrent de différentes manières la transformation locale, la traçabilité, la réduction des distances de transport, les recommandations forestières ou les exigences d’écocertification. Exemples de marques : « Sélection Vosges » « Bois des Alpes »…
Pour en savoir plus :
Nous vous invitons à découvrir le Guide_Enjeux_Forets_Francais réalisé par WWF en collaboration avec Bouygues Construction. Plongez dans la découverte passionnante des forêts françaises pour mieux comprendre les nuances territoriales des enjeux forestiers et identifier les problématiques qui peuvent se cacher derrière un produit bois d’origine française !